( 7 décembre, 2014 )

La Citadelle et le Palais Sans Souci

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Si Paris a sa tour Eiffel, Rome son Colisée et Francfort sa… saucisse, Cap Haïtien a sa Citadelle.

Depuis notre arrivée, nous la voyons parfois, au loin, cachée derrière une brume de chaleur ou quelques nuages bas.
Mais elle est bien là, trônant au sommet du plus hauts des monts, à quelques encablures de Cap Haïtien.

Olfeul nous amène là-bas tous les 4 (avec les 2 allemandes). Une petite heure de voiture vers le sud du Cap, direction Milo – jolie petite bourgade colorée – et son joyau historique et… touristique.
Heureusement que le pick up est costaud, avec ses 4 roues motrices, et Olfeuil bon pilote, parce que la cote finale sur un sentier sinueux, rocailleux et très accidenté n’était pas évidente du tout.
Une fois les entrées réglées et le guide Patrick embarqué (70 dollars US quand même, pour 4, guide compris), nous arrivons au 2ème parking. Olfeuil nous attendra ici à côté de la voiture au milieu d’autres guides et vendeurs de souvenirs.
Il reste le petit raidillon d’une bonne demi heure à faire, à pied, avant d’entrée dans la Citadelle. Quelques maisons isolées et villageois de la montagne sourient à notre passage, pour les plus sympathiques, ou nous dévisagent, pour les autres.

Là-haut

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Ca y est, nous la devinons se détachant de plus en plus clairement de la brume montagneuse : la Citadelle fortifiée du Roi Christophe !
Nous sommes à 970 mètres d’altitude. L’air y est plus frais qu’au Cap.
Construite à la mort de Dessalines, en 1805, dominant le Cap et la vallée, pour contrer d’éventuels attaques ennemies.

Rappelons qu’il y a plus de 200 ans, le sentier final et ses 40 minutes de marche était emprunté des centaines de milliers de fois par hommes, chevaux et charrettes chargés comme des mules des tonnes de pierres nécessaires à la construction de l’édifice !
Respect.

Une porte en bois clouté, refaite récemment à l’identique de l’originale posée plus loin, nous accueille.
Quelques couloirs sombres et plusieurs bâtiments militaires franchis, nous découvrons la vue. Une vue à 360° à couper le souffle ! « Haïti l’île verte et vallonnée » devrait-on l’appeler.
Nous dominons chaque côté. Les nombreux canons de fonte et bronze, pillés aux anglais, sont positionnés. Les milliers de boulets empilés. Les soldats au garde à vous.
Impossible d’approcher. Oui, la forteresse est bien gardée !

Attention aux boulets !

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Si bien d’ailleurs qu’aucun envahisseur français ne viendra tenter de reprendre cette partie d’Haïti, symbole de défaite tricolore.
Personne ne viendra troubler le sommeil du roi et de la reine.

Bien protégé par sa Citadelle fortifiée, le roi s’était fait construire un palais pour sa femme et lui, plus bas, (près du parking et notre bon Olfeuil),
Il y a là tout le confort : une cour centrale, les appartements de Madame à part, ceux du roi avec sa chambre au 3ème, des écuries, un hôpital et même une piscine réservée à Madame…

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Un vrai Petit Versailles ! D’ailleurs, on dit que Christophe a repris le style versaillais pour construire sa façade principale et frontale, pour impressionner villageois et visiteurs. Il y avait même fait installer un miroir géant, au dessus d’une fontaine, pour terminer d’éblouir la population.

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Lou & Vivi

( 5 décembre, 2014 )

LA FETE DE L’ECOLE

 

La tension monte et les derniers jours précédents le jour J sont presque exclusivement consacrés aux répétitions.
Les enfants se préparent, révisent, se concentrent… tout excités. Bref, nous avons (enfin) un peu de répit et de repos.
La FETE DE L ECOLE arrive !

C’est un grand évènement ici. Rien n’importe plus. Tout le reste passe après. Pour les répétitions, des cours sont raccourcis ou supprimés et l’école est carrément fermée la veille et le lendemain.

En Haïti en général et ici à l’Institut en particulier, tout est restreint.
La nourriture est rationnée et calculée au grain de riz près. L’électricité marche le matin, quand il fait beau et quand on prie fort. Les wc et douches des enfants, régulièrement bouchés, seront réparés… bientôt. Etc…
Mais quand vient la fête annuelle… le Kob (argent en créole) tombe du ciel !
Ranger, laver, couper l’herbe, installer les tables, chaises, acheter et préparer riz poulet pour 500 personnes, monter des tentes, faire la déco dans chaque salle de classe, etc… Tout devient possible !

Déco de classe

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Les enfants étant concentrés et consciencieux, nous avons rencontré la vraie nature des adultes. Certains d’entre eux n’hésitent pas à utiliser la fourberie et la roublardise pour arriver à leur fin.
Mal organisés et filous, ils nous demandent sournoisement, et au dernier moment, de faire ci et ça, prêter ceci et cela, (clé usb, musique, ordinateur, argent même, …) à nous, les bons blanc blancs !!
Difficile de rester de marbre face à : « tu sais, c’est pour les enfants ! ». Bien joué ! Mais on tient bon. Et on arrive à participer, aider et mettre la main à la patte sans être pris pour des radins (tizé), des cons ou des touristes américains !!

Ca y est, tout le monde est fin prêt, la journée peut débuter !

D’abord à 8h30 a lieu une messe dans la cour de l’école.
Le prêtre est bien à l’abri du soleil, sur un espace devant la direction qui servira de « scène » le restant de la journée. Nous, le public, sommes entassés sur des bureaux d’écoliers, sous 2 tentes vite dressées.
Moment solennel et respecté. Des chants enjoués, entraînants et bien chantés. On en reconnaît même certains. :)

« mes biens cher frères »

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Ensuite, la fanfare accompagne la quotidienne montée du drapeau haïtien et nous guide dans un défilé joyeux, tous derrière le vieux chef d’orchestre et ses musiciens.

Tambour Donald donne le tempo

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La journée se poursuit par LE SPECTACLE. Enfin !!
Se succèdent alors des dizaines de numéros tout l’après midi (avec simplement un court entracte pour le repas), par classes, des plus petits enfants aux plus grands.
Chants, danses, chorales, djembès, guitares, fanfares, poèmes, récitations, histoires, … s’enchaînent. Des petits lancements amateurs au micro, quelques pauses musicales et de timides applaudissements se chargent de séparer chaque numéro.

Petit coup de coeur personnel avec les 2 grands (Walkens et Berlange) et leurs attendrissantes reprises de Frédéric François pour l’un et Joe Dassin pour l’autre. Très drôle !

Berlange « Dassin » : on s’est aimé comme on se quitte… »

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Le tout forme un ensemble très hétérogène. Mignon, intéressant, fatigant, mouvementé, varié, coloré, drôle, mauvais, surprenant, sympa, beau ou excellent. Tous les genres sont là. ENORME !!
Malgré les imperfections et soucis techniques que vous pouvez imaginer, chaque numéro est unique et offre un joli panel de créativité et de sens du spectacle.

Que dire de la danse Ibo, danse tribale haïtienne en costumes… Devant un parterre médusé, certains enfants de l’orphelinat et bons danseurs, se sont déhanchés aux rythmes endiablés des djembés et trompettes traditionnelles. Magnifique !

Danse Ibo ! Whaouuuuuuu !

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On a fait quelques films qu’on aura sûrement plaisir à regarder dans quelques mois !!

Je retiendrai enfin et surtout les filles de Madame Sylvie, ma Vivi !
Sur « Bella » de Maître Gims, Vivi a entièrement créé une chorégraphie adaptée avec un groupe de 6 filles.
D’abord timides lors des premiers rendez-vous, « les filles de Madame Sylvie » sont aujourd’hui 6 véritables danseuses sérieuses et presque parfaitement synchronisées ! Génial !

« Bella » de Maître… Vivi

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La belle journée festive s’achève avant la fin du jour et chacun regagne son « chez lui » avec plein d’images et de musiques dans la tête et s’endormira fatigué… mais heureux !

Lou & Vivi

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